Atelier annuel du projet KIX-SEEDS : Trois jours d’échanges stratégiques pour renforcer les systèmes éducatifs africains


Du 2 au 4 juin 2025, Ouagadougou a accueilli l’atelier annuel du projet KIX-SEEDS, réunissant chercheurs, décideurs publics et partenaires techniques du Burkina Faso, de l’Ouganda, du Sénégal et du Togo. Cette rencontre stratégique a permis de partager les expériences nationales de mise en œuvre du projet et de réfléchir collectivement aux perspectives de mise à l’échelle et de production scientifique.

Jour 1 : Une ouverture sous le signe de la science au service des politiques publiques

La cérémonie d’ouverture a été marquée par l’intervention du Pr Nicolas Méda, Directeur de l’Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP), qui, au nom du Président de l’Université Joseph Ki-Zerbo, a salué l’engagement des équipes de recherche. Il a souligné que le projet KIX-SEEDS démontre concrètement que la science peut éclairer les décisions publiques en combinant innovation technologique, rigueur méthodologique et ancrage territorial.

Les interventions du Pr André-Pascal Kengne et de Damazo Kadengye, de l’African Population and Health Research Center (APHRC), ont ensuite mis en lumière le rôle central des systèmes de données dans la prise de décisions fondées sur des preuves en Afrique, ainsi que la vision globale du projet KIX-SEEDS.

Le Point focal du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) au Burkina Faso, Serges Kyelem, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner l’initiative. L’ouverture officielle a été prononcée par M. Séni Ouédraogo, représentant le Ministre de l’Enseignement de Base, qui a salué une initiative en cohérence avec les priorités nationales.

L’après-midi a été consacré à une table ronde et aux présentations nationales. L’Ouganda (Dr Eric Munyambabazi), le Burkina Faso (Dr Hervé Bassinga) et le Togo (Jerry Aziawa) ont partagé leurs expériences respectives en matière de production et d’utilisation des données éducatives, mettant en évidence les avancées en matière de digitalisation et de pilotage local.

Jour 2 : Genre, inclusion et gouvernance locale des données

La deuxième journée a débuté par une communication de la Dr Sylvia Muyingo (APHRC) sur la thématique « Genre, équité et inclusion dans le projet KIX-SEEDS ». Les discussions ont souligné l’importance d’intégrer les principes d’égalité des chances afin d’éviter toute forme de marginalisation scolaire.

Une table ronde réunissant représentants des districts et communes a permis de confronter les expériences du district de Mayoge (Ouganda) et des communes de Manga et Bingo (Burkina Faso). Les échanges ont montré que l’utilisation des données en temps réel a contribué à :

  • renforcer les capacités des enseignants ;
  • améliorer la planification des infrastructures scolaires ;
  • mieux suivre les performances des élèves ;
  • dématérialiser plusieurs outils scolaires (bulletins, cahiers d’absences, relevés de notes).

Les défis évoqués concernent notamment la connectivité, le renforcement continu des capacités et la coordination entre chercheurs, décideurs et acteurs du secteur privé.

La journée s’est poursuivie par la présentation des plateformes numériques développées en Ouganda et au Burkina Faso, mettant en évidence leurs fonctionnalités en matière de planification, de gestion et de production automatisée d’indicateurs éducatifs.

Jour 3 : Perspectives scientifiques et mise à l’échelle

La troisième journée a été consacrée à l’expérience du Sénégal, présentée par Dr Samba Ndiaye et Rokhaya Ndoye. Les résultats observés dans les communes de Yoff et Dealy confirment la capacité du projet à améliorer la gestion locale des données éducatives.

Un temps important a été dédié à la réflexion sur la production d’articles scientifiques issus du projet. Les participants ont convenu de critères clairs d’attribution des contributions intellectuelles, afin de garantir rigueur et équité académique.

Les discussions finales ont porté sur :

  • l’appropriation institutionnelle du projet par les décideurs ;
  • la durabilité des dispositifs mis en place ;
  • les stratégies de mise à l’échelle nationale ;
  • les approches de communication et de valorisation scientifique.

 

Une dynamique africaine en consolidation

L’atelier s’est achevé dans un climat de satisfaction générale. Les participants ont salué la synergie entre chercheurs, décideurs et partenaires techniques, ainsi que la capacité du projet KIX-SEEDS à articuler innovation numérique, production scientifique et transformation des systèmes éducatifs.

Au-delà des résultats techniques, cette rencontre a confirmé une ambition commune : faire des données éducatives un levier stratégique de gouvernance et d’amélioration des apprentissages en Afrique.